Le choix - 2e partie

Publié le 10 Octobre 2014

Le choix - 2e partie

Suite

Je décide de m'isoler un peu, de toute façon la discussion ne mène à rien et j'ai envie d'être seule. Je me sens triste, mais aussi thahie car je ne reconnais pas du tout l'homme que j'aime, celui qui a accepté sans sourciller l'enfant d'un autre et qui m'a permise et encourager de construire une jolie famille. Je ne le reconnais plus dans sa vision des choses, depuis quand est-ce l'argent qui guide nos pas ?

Un peu plus tard je consulte les résultats sanguins. Le taux d'hormones de grossesse indique un taux bien trop élevé. En gros j'en suis à beaucoup plus que ce que j'avais calculer. Ça sent le pâté. Je me rappelle avoir eu mes dernières règles juste avant noël. Je me souviens aussi m'être dit qu'elles n'étaient pas comme d'habitude, elles n'ont duré que 2 petits jours.

Cela me stresse de ne pas savoir à combien j'en suis exactement. Ces résultats qui devaient m'éclairer sèment un peu plus la confusion en moi : je redoute une intervention chirurgicale. J'ai plutôt la trouille des hôpitaux et des opérations en général. Même si bon nombre de femmes témoignent que "cela n'est rien, une toute petite intervention de rien du tout", je n'en mène pas large.

Je me sens perdue. Je ne comprend pas comment on a pu en arriver là. Ce 4e on l'avait déjà évoqué, ce n'est pas comme si on n'en avait jamais parlé, ou encore que l'on s'était dit "3 c'est bien, maintenant on arrête".

Quand je vois le nombre de femmes autour de moi qui galère dans leur projet de maternité, entre les fausses couches précoces, les tardives, les grossesses qui se passent mal, les femmes qui n'arrivent tout simplement pas à tomber enceintes, celles pour qui donner la vie relève du parcours du combattant etc...Je ne me sens pas l'envie de stopper cette grossesse. Pour moi c'est une bonne chose, un miracle, un cadeau, un point c'est tout. Nous avons une maison, une famille équilibrée, Papoune a un bon travail, et nous avons même une voiture 7 places. Où est le problème ? Le désir d'avoir un enfant ne devrait jamais être une question d'argent. Bien sûr on ne vit pas dans le monde des bisounours et certaines situations sont extrêmement compliquées. Mais pas pour nous, il me semble que cela ne s'applique pas à nous.

Le soir en faisant la vaisselle, je craque. Les sanglots, les vrais, ceux qui te sortent du ventre, incontrôlables, spasmodiques, convulsifs. Je m'en veux de pleurer comme ça, j'aimerais êre plus fortes devant mes enfants, j'ai l'impression d'être un animal blessé. Car blessée ça je le suis, assurément. Je m'imagine abondonner Barbouille et Bouilld'amour et partir avec Bébinou-mon ainé et mon dernier dans mon ventre, j'imagine déjà les dégats psychologiques sur l'équilibre de notre couple, dans un choix comme dans l'autre, je dérive, je délire. Papoune, qui jusque là s'est montré terriblement froid et distant, me prend dans ses bras. Mais je sens le gouffre qui nous sépare. Au départ il ne dit rien. Le silence s'installe, gênant, pesant, juste interrompu par mes tremblements. Enfin il m'avoue qu'il se montre dur et ferme car pour notre bien à tous il faut que quelqu'un joue ce rôle.

On décide ensemble de déclarer une trêve. De toutes façons on est vendredi soir, ce n'est plus le moment de prendre des rdv pour demander de l'aide. De plus ma maman débarque ce dimanche de Tunisie pour 1 mois, on ne veut rien dire à personne pour le moment, même pas à elle. De plus je pense savoir qu’elle se rangerait du côté de Papoune, donc pas du mien. Ces 2 jours s'écoulent péniblement, je m'interdis de penser à ce petit squatteur dans mon ventre.

La suite demain...

Rédigé par Sweet mama

Publié dans #Quotidien d'une maman, #Grossesse

Repost 0
Commenter cet article