Le choix - 3e partie

Publié le 11 Octobre 2014

Le choix - 3e partie

Suite de la 1ère partie et de la 2e

Le lundi 27 janvier arrive et les bonnes résolutions aussi. Je passe des coups de fils, je prends des rdv, je me bouge. L'idée est de rassurer Papoune au maximum sur nos capacités à gérer l'arrivée d'un 4e loulou. J'entame donc des démarches auprès d'un organisme de rachat de crédits ( pour régler nos dettes en cours et regrouper nos mensualités ), mais aussi d'une assistante sociale pour nous aider à gérer notre budget. Dans le même temps, et c'est très paradoxal, je commence les démarches en vue d'un avortement. Une visite chez mon docteur pour obtenir un certificat. Heureusement je vois un autre docteur du cabinet où je vais, si j'avais vu Cécile, notre médecin de famille, je n'aurais pas été capable de parler mais uniquement je chialer. Puis je prends rdv à l’hôpital pour une écho de datation, la semaine suivante, histoire de savoir où on en est dans cette grossesse et surtout de combien de temps nous disposons avant notre choix définitif ( brrrr ).

Les rdv s’enchaînent et les discussions aussi. Finalement l'échographie du mardi 4 février nous apprend que squatteur no 4 a été conçu aux alentours du 8 décembre.

Le 8 décembre ?!!!

Donc je suis enceinte de 2 mois, soit presque 8 semaines. Le Gynécologue nous explique qu'il faudra passer par l'intervention chirurgicale, vu l'avancée de la chose. Dans le hall je craque un coup, Papoune me prend dans ses bras, en me disant que rien n'est fait encore, qu'on ne sait pas encore si je vais devoir passer par là. Est-il en train de changer d'avis ? Me dit-il ça juste pour se montrer compatissant ?

Dans le bureau de la secrétaire du gynéco, elle nous propose de rencontrer une assistante sociale pour nous aider dans ce choix. Elle nous propose également une date pour l'IVG...la semaine suivante ! En gros il ne nous reste que quelques jours pour nous décider. La pression monte encore un peu plus. Nous filons donc à ce nouveau rdv. La femme qui nous accueille se montre bienveillante et nous écoute argumenter l'un après l'autre. Sans nous donner son avis perso, elle comprend bien les arguments de Monsieur. Elle qui travaille avec la "misère" sociale tous les jours, les notions de budget ça lui parle. Elle nous propose de discuter de tout cela avec une psy de l’hôpital, spécialisée dans ce genre de cas. Rebelote et nouveau rdv. Cette fois c'est plutôt moi que comprend la psy. Elle entend bien Papoune et ses arguments de chef de famille, elle entend bien aussi les miens de maman. L'un pense argent, équilibre, budget, l'autre pense amour, famille, fratrie. Finalement chacun est bien à sa place, mais cela ne fait pas vraiment avancer le schmilblik.

J'avoue alors à Papoune que j'ai peur que cette décision influence notre vie future au delà du raisonnable. Comment être sûre qu’inconsciemment, je ne lui en veuille pas, que je ne me transforme pas en connasse aigrie qui lui fera payer ses souffrances, que je ne répercuterais pas mon mal-être sur mes autres enfants ? J'avoue ne pas me sentir capable de reprendre ma vie d'avant, comme avant, comme si rien de tout cela n'avait existé. Et en même temps si nous faisons le choix de garder ce bébé, j'ai peur que ce soit Papoune qui m'en veuille, qu'il n'aime pas cet enfant comme les autres et qu'il fasse des différences au sein de la fratrie.

Sur ce point il me rassure: cet enfant, que nous l'ayons attendu ou pas, sera aimé et choyé comme les autres. Il n'y aura aucune différence pour lui.

Dès lors il apparaît évident qu'il sera plus facile pour Papoune de faire un pas vers moi que moi vers lui. Nous nous laissons encore 2 jours pour y réfléchir...

A la fin de cette journée marathon, j'ai tant pleuré qu'une méchante migraine me prend la tête. Malgré tout j'ai apprécié que personne ne nous juge. A aucun moment l'un ou l'autre des intervenants rencontrés n'ont émis un jugement ou donner leur avis personnel. On s'est senti accompagnés, écoutés. Mais pas poussés dans un choix comme dans l'autre.

La suite demain...

Rédigé par Sweet mama

Publié dans #Quotidien d'une maman, #Grossesse

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