OUI au maintien du droit d'option !

Publié le 21 Octobre 2013

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Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui j'ai envie de causer politique.

Ceux qui me suivent sur Facebook ont pu lire ces dernières semaines les partages de statuts que j'ai fait ou les pétitions que j'ai signé.

 

Pour ceux qui n'y comprennent pas grand chose,  voici de quoi il s'agit:

 

Les frontaliers résidant en France et travaillant en Suisse avaient jusqu'à présent un "droit d'option" pour couvrir leur frais de santé, c'est-à-dire le droit de choisir entre le système suisse (LAMal), l'assurance maladie française (la CMU, couverture maladie universelle) ou une assurance privée, souvent moins onéreuse. Mais à partir du 1er juin 2014, ceux qui auront choisi d'être assurés en France ne pourront le faire qu'à travers la Sécurité sociale. Cette mesure devrait rapporter 100 millions d'euros à la Sécurité sociale la première année et 150 millions d'euros par la suite.

 

 

Ce que cette mesure va changer pour nous, frontaliers :

 

Ben en gros, on va payer plus de cotisations (env 6% des revenus nets la première année, puis 8% ensuite ), tout ça pour être assuré par la Sécu ( donc pas très bien assuré ! ). On va devoir prendre une mutuelle en plus. Par ailleurs tous soins effectués en Suisse sera à notre charge puisque la Sécu ne rembourse pas les soins pratiqués à l'étranger.

Au final cette mesure devrait nous amputer d'à peu près 400€ chaque mois, soit 4800€ en moins à l'année. Multiplié par le nombre de frontaliers, 169000 travailleurs, cela fait plus de 810 millions d'€ en moins à dépenser dans nos régions !! Une catastrophe pour l'économie locale. Je vous laisse imaginer le nombre de personnes qui viendront grossir les rangs des chômeurs dans les zones frontalières.

 

La presse ne nous soutient pas vraiment, puisque d'une part elle parle très peu du problème et que d'autre part, lorsqu'elle en parle, elle ne révèle qu'une partie de la réalité. J'ai quand même vu un reportage où le mec nous faisait passer pour des gros radins en disant "le salaire d'un frontalier est 2 à  3 fois plus élevé que le salaire moyen français". En gros on "chipote" pour 400€ par mois, on est blindé de pognon et pas du tout solidaires avec la France. Ce genre de commentaires a le don de m'énerver !

 

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Je pense que pour informer correctement les gens, il faut parler de la situation dans sa globalité:

 

- En effet nos salaires sont plus élevés. Nous profitons du fait que le pays voisin est un niveau de vie très supérieur au notre pour tirer notre épingle du jeu. Sommes-nous à blâmer de vouloir vivre décemment ? De vouloir offrir un meilleur départ dans la vie à nos enfants ? C'est le principe même du capitalisme il me semble ? 

 

- Dans la plupart des entreprises suisses, le temps de travail hebdomadaire est de 42.5 heures, la retraite à 65 ans (peut-être bientôt 67) et on dispose de 4 semaines de congés payés (et non 5). Et en moyenne, ça varie selon les cantons, de 2 à 3 jours fériés en moins. Travailler plus, c'est payer plus de frais de garde. A l'époque souvenez-vous, 1 seule journée de garde par semaine pour 2 enfants me revenait à 450€.

 

-Très peu de sécurité de l'emploi en Suisse, un bon motif de licenciement n'est pas obligatoire ( c'est surtout vrai pour les petites structures ).

Là où le chômeur français touche 80% de son salaire, le frontalier lui n'en touche que 52%. Je précise que notre allocation chômage ne vient pas des caisses de la France mais des cotisations prélevées sur nos salaires Suisse. 

 

 - La vie dans nos régions est relativement plus chère qu'ailleurs, de 30% en moyenne. Tout est plus cher ici, quand on voit le prix de nos maisons il y a de quoi avoir peur de la perte d'emploi.  

 

- Bon nombre de frontaliers travaillent à plus de 50km de leur domicile. 

 

- Tout le monde ici sera d'accord sur le fait qu'en contrepartie il n'est pas scandaleux d'être mieux payé. Qui irait travailler 400 heures de plus à l'année, se farcir les km et les bouchons, pour un salaire identique ??? 

 

- Un frontalier est l'inverse d'un exilé fiscal, il travaille en Suisse et ramène ses revenus en France (l'inverse de Cahuzac). Et croyez bien que même pacsés et avec 3 enfants, nous payons des impôts ( et pas qu'un peu ! ) 

 

 - Parlons du déni de solidarité dont nous taxe l'Etat : Il entretient la confusion entre assurance et solidarité autour de ces prestations dites sociales. Une solidarité qui est imposée est simplement… un impôt. Soit on l’accepte et on paye l’impôt, soit on quitte le pays pour un autre où ce taux d’imposition est plus faible ( exemple : les grosses fortunes qui quittent notre pays ).
L’assurance maladie comme toute assurance doit être payée par des cotisations.  Donc si l’assurance est payée par des cotisations, la solidarité doit être payée par l’impôt.

 

- Sachez enfin que 80% des frontaliers paient l'impôt sur le revenu en France contre 45% seulement des salariés français. A méditer...

 

 - Par ailleurs, un frontalier ne coute pas un seul euro à la Sécu car les soins sont pris en charge par son assurance privée. Nous ne sommes donc pas des bénéficiaires de la CMU ou de l'AME. Je connais pas mal de gens qui seront heureux de pouvoir se mettre en arrêt maladie, histoire de creuser un peu plus ce fichu trou de la Sécu, si jamais cette loi venait à passer !

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A tous ceux qui nous disent que ce travail en Suisse on l'a voulu, que personne ne nous y a forcé. Je dirais qu'en effet c'est notre choix, mais il ne faut jamais oublier que nous faisons énormément de sacrifices pour ça. 

Rappelons enfin que toute cette affaire devrait rapporter à la Sécu dans les 100 millions d'euros la première année et 150 millions d'euros par la suite. Pour info en 2012 la dette sociale s'élevait à 13,4 milliards d'euros.... il va falloir que l'Etat trouve plus que des frontaliers à plumer pour se sortir de  là !

Rédigé par Sweet mama

Publié dans #Grrrrrrr

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